dimanche 15 novembre 2009

Exposition Peter Klasen

Cet après-midi, comme le temps n’était pas de la partie, j’ai décidé de me rendre à Roncq pour visiter l’exposition consacrée à l’artiste Peter Klasen.

Né à Lubeck en Allemagne en 1935, Peter Klausen vit et travaille à Paris depuis 1959. Artiste engagé, révolté, ses oeuvres évoquent la société industrielle, un monde lisse où l’artiste joue de multiples signes et objets : beautés lointaines inaccessibles, bouches sensuelles, murs de béton, objets de métal, ustensiles de cuisine, engins industriels, manettes, manomètres, disjoncteurs, amperemètres, cadrans volants, tuyaux…

L’oeuvre de l’artiste se résume à partir de 4 périodes de réflexion :

1969 – 1973

La réalité crue, froide et cinglante surgit dans la banalité d’un quotidien perçu sous sa plus extrême radicalité. A l’imaginaire hospitalier qui reflète un environnement aseptisé mais fantasmagorique, il associe une sensualité que des détails de corps féminins viennent souligner. Un sentiment d’angoisse émane de ces visions empruntes de décors technologiques, de séquences et d’une dominante du noir et blanc.

1974 – 1988

” Le corps humain disparaît complètement des oeuvres de Klasen derrière les lourdes portes, grilles, baches de camions, wagons, prisons, bref, derrière tous ces lieux qui, tristement, psychologiquement, symboliquement, enserrent, enferment, isolent, oppressent et cadenassent toute la frontalité des tableaux”.

1989 – 1999

” La volonté de Klasen de s’échapper des supports classiques, de sortir de la surface du tableau et d’investir l’espace, s’amplifie dans les oeuvres qui, si elles excluent toujours des objets de notre civilisation industrielle, le font beaucoup plus ostensiblement et aussi de façon plus sculpturale qu’auparavant…”

2000 – 2009

Les oeuvres récentes parlent avec plus de netteté du peintre lui-même, de sa fascination pour le cinéma. D’ailleurs, il n’hésite plus à se mettre en scène. L’antagonisme entre la rudesse du monde moderne qui nous entoure et le désir du corps, du visage à la plastique irréprochable, est poussé à son paroxysme et est magnifié par de nouvelles technologies complexes d’impression.

L’autre partie de l’exposition était consacrée au Mur de Berlin.
Voici les différentes pensées de l’artiste sur ce ” Mur ” :
- ” Ce mur conçu pour empêcher le dialogue devient un lieu privilégié de la communication.”
- ” Le mur a commencé à être vulnérable à partir du premier graffiti qui est resté, qui a fait mal au régime de la RDA. C’était une plaie ouverte extraordinaire, une faille, dans laquelle s’engouffrait la force de la parole. J’ai ressenti une très grande émotion.”
- ” Des mots d’injure et d’amour voisinent avec des avis de recherche ou des slogans antinucléaires. Ainsi, le mur devient un formidable catalyseur, le cadavre exquis d’une action collective dont les participants s’ignorent.”
- ” Je ne vois pas ce que j’aurais pu dire là, devant ce mur. Je savais que j’allais le dire ailleurs.”
- ” En fait, le travail sur le mur de Berlin relève du même concept que mes oeuvres antérieures : repérer les lieux significatifs, en extraire l’essence, les réorganiser sur la toile et les ramener à ma propre écriture? Fatalement, inexorablement, nous devions nous rencontrer le mur de Berlin et moi.”

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