mercredi 16 décembre 2009

Bloomsbury à Roubaix : une exposition inédite

Né au début du XXème siècle outre-Manche, le groupe de Bloomsbury a eu une influence avérée sur la vie culturelle anglaise. S'il a contribué, entre autres, à faire connaître la peinture française postimpressionniste, il demeure relativement méconnu en France. Il est vrai qu'à ce jour, aucun événement d'envergure ne lui a été consacré. Conversation anglaise : le groupe de Bloomsbury, l'exposition qui se tient actuellement au musée La piscine à Roubaix, est à cet égard inédite. Elle témoigne avec force de la créativité du mouvement, en particulier à travers les productions de l'atelier Omega.

L'acte de naissance de ce cénacle d'intellectuels et d'artistes britanniques date de 1905. Au n°46 Gordon Square à Bloomsbury, quartier de Londres, une poignée de jeunes gens se réunit dans la maison familiale des Stephen. Diplômé de Cambridge, Thoby Stephen présente à ses soeurs Vanessa et Virginia quelques-uns de ses camarades d'université, parmi lesquels Clive Bell, Leonard Woolf, Lytton Strachey et le futur grand économiste John Maynard Keynes. D'autres personnalités s'agrègent au groupe, telles que Roger Fry, Duncan Grant... et bien d'autres encore, issus du monde de la littérature, des beaux-arts et, dans une moindre mesure, de la musique. Volontiers iconoclastes, les " Bloomberries " s'affranchissent des codes hérités des périodes victorienne et edwardienne, tant en matière de religion, d'esthétique, de moeurs sociales que de sexualité.

Parmi les grands faits d'armes des membres du groupe, les deux expositions organisées par Roger Fry en 1910 et 1912 qui permirent au public britannique de découvrir les tendances picturales modernes européennes. C'est au même Fry que l'on doit la création de la société Omega Workshops, atelier original au sein duquel de nombreux artistes produisirent une multitude de pièces : céramique, mobilier, textile, vaisselle, bijoux... Citons aussi la Hogarth Press, maison d'édition fondée par Virginia et Leonard Woolf. L'essentiel des textes de la romancière y est publié.

Conversation anglaise : le groupe de Bloomsbury, jusqu'au 28/10/2010 au musée La piscine, 23 rue de l'espérance à Roubaix. Tél : 03.20.69.23.60. www.roubaix-lapiscine.com

Ci-dessus : Roger Fry, Portrait of Nina Hamnet, 1917, The Courtauld Gallery

Source : LilleMétropole de Décembre 2009

Wattignies : les confiseurs ont leur Maison


L'usine de la Pie qui chante a longtemps fait les beaux jours de Wattignies. Jusqu'à ce jour de 1998 où la direction annonce la fermeture inéluctable. Assommés par ce licenciement inattendu, les salariés constituent une association de défense, Pain de sucre, en avril 1999. Celle-ci évolue pour privilégier la protection d'un patrimoine artisanal et industriel. Elle s'ouvre à d'autres personnes... C'est ainsi qu'Elisabeth Sady, directrice de l'école voisine de la Pie qui chante, puis Pierre Lebacque, également enseignant, s'y investissent totalement. En 2005, la Maison de la confiserie ouvre ses portes au 24 de la rue Guynemer, dans l'ancien logement de fonction de l'école.

Une centaine de membres bénévoles partagent une passion qu'ils s'efforcent de transmettre de multiples façons. Il aura fallu de la patience pour rassembler, répertorier et exposer les mille et un objets qui constituent un fonds unique en son genre. Guy Segers, qui a travaillé 43 ans dans la confiserie, a fait oeuvre de pionnier en collectant au fil du temps boîtes, étiquettes et autres moules dénichés dans les brocantes.

" Nous sommes partis de très peu de choses, quelques boîtes, quelques bouts de papier entassés dans des cartons et rescapés de destruction. Et le temps, la simplicité, la persévérance ont fait leur oeuvre ", expliquait, dans l'ancien président Christian Dupire.
" Très vite, cette activité s'est étendue à l'ensemble des confiseurs de toutes les régions de France ", précise son successeur, Jean-Michel Delalieux. De fait, la Maison de la confiserie de la rue Guynemer emmène le visiteur dans un tour de France, depuis Cambrai à Aix-en-Provence en passant par Nancy, Montélimar... : "Toute l'histoire du sucre puis de la confiserie ", résume Elisabeth.

Le sucre séculaire

Les lieux ne sont pas très vastes, mais la visite dure suffisamment longtemps pour que la Maison soit un but de sortie. Le visiteur assiste à la projection d'un film très instructif sur l'histoire et la production du sucre depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours. Passant d'un continent à l'autre, il apprend beaucoup sur l'exploitation et l'utilisation de la canne à sucre, finalement concurrencée par la betterave. Dès la fin du XIXème siècle, l'industrie sucrière tourne à plein régime, particulièrement dans le Nord. Quel qu'il soit, le sucre concurrence le miel et ses dérivés. Il est apprécié pour ses vertus curatives avant d'être consommé en dessert à la Renaissance. Assimilé à une épice, il est vendu par les apothicaires. A partir du XVIème siècle, les confiseurs vont se l'approprier... Ils rivalisent de créativité. Au XIXème siècle, grâce à l'essor industriel, les friandises se démocratisent. Puis viennent la fabrication industrielle, la commercialisation, le marketing...

(...)

Maison de la confiserie
24 rue Guynemer à Wattignies. Tél : 03.20.96.03.46 Entrée : 2 euros pour les adultes et 1 euro pour les enfants. Ouverture : les mardis et jeudis de 9h30 à 12h.



Source : LilleMétropole de Décembre 2009

vendredi 11 décembre 2009

Un nouveau magazine dans la sphère de la presse écrite

Un nouveau magazine est paru récemment. Il s'agit de Nordway Magazine, un magazine mensuel qui se veut résolumment urbain.


http://www.nordwaymagazine.com

samedi 5 décembre 2009

Première pierre du Louvre-Lens : des réactions enthousiastes

Didier Fusillier est le directeur de Lille 3000 après avoir orchestré Lille, capitale européenne de la culture en 2004. Il a salué hier le grand courage de Daniel Percheron " qui a su s'engager pour un grand basculement des civilisations. S'il y a des sceptiques ou qui ne réalisent pas, c'est parce que le projet est gigantesque. Mais il ne faut pas voir le poids écrasant du Louvre, mais plutôt se dire que ce musée, c'est un peu de nous tous. Que voit-on au Louvre ? Des tableaux de chiens, d'enfants, de gens, de paysages. C'est l'image de là où nous venons. Comme nous allons vers une façon de vivre différente, c'est important d'avoir un lieu qui sera une puissante évocation de ce que l'on a en nous. Le Louvre à Lens, c'est exceptionnel pour les gens du Nord qui ne peuvent peut-être pas si facilement se rendre à Paris."


Jean-Jacques Aillagon, ancien ministre de la culture (de 2002 à 2004) est le premier à avoir plaidé pour une décentralisation des grands musées nationaux.
Il rejoint Didier Fusillier dans son explication : "S'il y a des sceptiques aujourd'hui, nous ne croiserons que des optimistes demain. Le temps que le projet soit adopté par les Lensois. Ce n'est que l'édification d'un objet architectural qui fait que les habitants réalisent. C'est exactement ce qu'il s'est passé à Metz avec le centre Pompidou. Enlevez aujourd'hui le Beaubourg aux Messins et vous verrez comme ils hurleront. "


Gervais Martel, président du Racing Club de Lens, n'est plus dubitatif. " C'est un grand jour pour l'arrondissement de Lens qui a tellement donné pour la France entière du temps de la mine. J'étais dubitatif au début mais pour finir, tous les feux sont au vert. Maintenant, ça ne peut qu'avancer très vite. "


Jean-Marc Legrand est le directeur du projet Louvre-Lens. " C'est un grand jour que l'on attendait depuis cinq ans. Il marque une étape nouvelle car, dès demain (aujourd'hui), le chantier sera ouvert et les visiteurs pourront se renseigner à la Maison du projet. Les travaux de terrassement vont commencer. Comme Saint-Thomas, les Lensois avaient besoin de voir le début des travaux pour y croire. "

Source : La Voix du Nord du Samedi 5 Décembre 2009

vendredi 4 décembre 2009

Lens a une faim de Louvre

L'annexe du musée doit devenir un vaisseau amiral de l'art et redynamiser une région.

L'effet Bilbao va t-il s'appliquer à la ville de Lens en 2012 ? Il y a 20 ans, la cité du Pays Basque espagnol, site sidérurgique sinistré, a pu se refaire une santé économique grâce, en grande partie, à la construction en 1997 du spectaculaire musée Guggenheim signé Frank O. Gehry.
La résurrection par le tourisme culturel, voilà une idée qui a fait son chemin. Au coeur de l'ancien bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, l'opération du Louvre à Lens participe de cette dynamique. Elle met l'accent sur une terre fortement secouée par la fermeture définitive des houillères et qui a entamé sa reconversion. Et la première pierre de ce Louvre hors les murs doit être posée le 4 décembre.

Le concours international d'architecture, lancé en janvier 2005, a attiré 120 participants du monde entier.
Avec sa réponse minimaliste, tout en transparence et équilibre, le tandem japonais Sanaa, déjà auteur du très remarqué nouveau musée d'Art contemporain à New-York, dans le quartier du Bowery, a remporté la mise.
Sous la lumière du Nord, le duo nippon joue la discrétion.
Ce Louvre de verre et de lumière, érigé sur un ancien carreau de mine en surplomb des corons, s'inscrira dans le paysage, aujourd'hui verdoyant, comme un point de mire rassurant.
Fidèle à son goût pour l'emboîtement de modules, l'équipe Sanaa a conçu un ensemble composé de quatre grands rectangles et d'un carré dont les angles se touchent. Une composition qui rappelle celle du palais du Louvre, mais à propos de laquelle les architectes évoquent l'image poétique de barques sur un fleuve qui seraient venues s'accrocher entre elles.

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Source : Paris Match du Jeudi 3 Décembre 2009

L'Hospice, 5 ans, l'Havré réussite culturelle

L'hospice d'Havré fête son cinquième anniversaire aujourd'hui. En cinq petites années, la Maison folie de Tourcoing a accueilli près de 200 000 visiteurs. Grâce à une programmation éclectique et à sa beauté architecturale.

C'était le 6 mars 2004. Dans le cadre de Lille capitale européenne de la culture, des Maisons Folie ouvraient dans toute la métropole. A Tourcoing, rue de Tournai, sur les murs de l'ancien monastère fondé en 1260 par Mahaut de Guisnes, des jeux de lumières appelaient les visiteurs. Ce jour-là, ils furent près de 2000 à découvrir l'hospice d'Havré. La veille, le maire Jean-Pierre Balduyck formulait un voeu pour cet endroit autrefois réservé aux pauvres et aux anciens :
" Que les habitants se le réapproprient pour qu'il devienne un lieu de citoyenneté, de culture, d'avenir ".
Depuis, près de 200 000 personnes ont visité l'Hospice et plus de 1000 artistes y sont passés, connus ou inconnus. La Maison folie de la rue de Tournai n'est pas " la " vitrine culturelle qui manque à Tourcoing mais elle est devenue une vitrine de toutes les cultures, ouverte à tous les citoyens, des scolaires aux initiés, en passant par ceux qui ne vont pas au théâtre ou au musée. Et aussi, grâce à son architecture (et à sa chapelle !), c'est l'un des lieux les plus prisés, notamment à l'occasion des Journées du patrimoine. Une notoriété acquise en à peine cinq années.

Le pari n'était pas gagné

Silviane Léger fut de ces artistes qui essuyèrent les plâtres le 6 mars 2004. Sculptrice de renom, elle se rappelle d'abord de la foule et de " ces gens venus de partout ". Elle exposait dans le cloître. " Il y avait une espèce de recueillement. C'était important car je fais une sculpture pas facile ". Ce jour-là, c'était très loin d'être la première exposition de Silviane Léger. Mais le maire et l'adjointe à la Culture de l'époque, Colette Huvenne, avaient insisté auprès des organisateurs de Lille 2004. " Je ne les remercierai jamais assez " , insiste l'artiste. Peut-être parce que Lilloise ayant fait le choix d'habiter la cité du Broutteux, elle constate aujourd'hui : " Avant, on ne parlait pas beaucoup de la ville culturellement. Maintenant, les Lillois viennent exposer à Tourcoing ". Qui aurait pu parier là-dessus il y a 10 ans ? " L'Hospice d'Havré, devenu écrin de pierre pour baladins neufs. Fichtre pari ! ", écrivait Jean-Michel Branquart dans un édito présentant, en 2009, son festival des Arts Détonnants.

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Source : Nord Eclair du Vendredi 4 décembre 2009

Louvre-Lens : un panel de personnalités pour le lancement ce matin

C'est par la visite de la Maison du projet que la pose de la première pierre du Louvre - Lens a débuté, ce matin, vers 10 h.

C'est environ à cette heure-là que Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture, et Jack Lang, député PS de Boulogne-sur-Mer, sont arrivés. Lieu censé donner un vision globale du Louvres - Lens, la Maison du projet a ouvert ses portes ce matin vers 9 h pour accueillir de nombreux journalistes, force personnalités et tout le gratin politique régional : Gervais Martel, président du club de football du Racing Club de Lens, Guy Delcourt bien sûr, maire de lens, Henri Lorette, président-directeur du musée du Louvre.

« Je me sens un peu fébril car c'est une journée vraiment spéciale pour moi », a déclaré Guy Delcourt, avant de souligner à quel point ce projet marquait « une volonté de tourner une page » dans l'histoire de l'ex-bassin minier. Et forcément de donner une image différente d'un secteur.

L'arrivée un peu tardive de Frédéric Mitterrand devrait décaler l'heure officielle de la pose de la première pierre, initialement prévue à 11 h.

Source : http://www.lavoixdunord.fr

jeudi 3 décembre 2009

Vendredi 4 décembre : une première pierre historique

11h, ce sera l'heure officielle de la pose de la première pierre du Louvre Lens. Un symbole fort après six ans d'efforts. Le jour de la Sainte-Barbe, patronne des mineurs, Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication, ouvrira une voie nouvelle devant tous les partenaires du projet et la population du bassin minier.
Deux autres rendez-vous marquants sont prévus : 10h15, découverte de la Maison du projet et, à partir de 12h au stade Bollaert, accueil en fanfare des invités et du public. Les discours officiels suivront immédiatement.

Source : Supplément de la Voix du Nord du Jeudi 3 décembre 2009

Interview d'Henri Loyrette


Henri Loyrette : " On est heureux d'être attendu, on tient à être à la hauteur de l'espérance ! "

Qui a pris l'initiative du projet ?

" L'appel d'offres a été lancé par Jean-Jacques Aillagon, alors ministre de la Culture, qui avait déjà imaginé une décentralisation du Centre Georges-Pompidou à Metz. La région Nord-Pas-de-Calais a répondu à travers les candidatures des villes de Lens, Calais, Boulogne, Valenciennes et Arras, auxquelles s'est jointe la ville d'Amiens. Le Premier ministre de l'époque, Jean-Pierre Raffarin, a pris une décision avec l'aval du président de la République. Elle confirmait le choix commun de Daniel Percheron, président du conseil régional, et de moi-même... Nous avons beaucoup discuté ensemble dans le contexte de la préparation de Lille 2004, capitale européenne de la culture. Lens, c'est le bel aboutissement de réflexions intenses et diverses ! "

Quelle est sa logique profonde ?

" Décentraliser les grands musées nationaux, repenser les missions d'un musée : c'est la conjonction de ces deux volontés qui a fait naître le projet dans les esprits. Il y a la part sacrée que le Louvre, conçu au moment de la Révolution, en 1793, et parfait sous l'Empire, doit aux musées de province. Longtemps, on a conjugué cela sous forme de dépôts disséminés. Mais cela ne suffit pas ! Pour moi, les collections, les compétences, les savoir-faire du Louvre sont au service de la Nation. Un grand musée peut jouer un rôle éducatif et social considérable, il peut apporter quelque chose de particulier et de stimulant à un territoire. "

Comment a-t-il pu se concrétiser ?

" La région Nord-Pas-de-Calais a fait preuve d'un volontarisme exceptionnel. Les candidatures des différentes villes montraient que ce projet pouvait devenir un levier essentiel. Très tôt, d'un côté comme de l'autre, on a considéré qu'il ne s'agissait pas d'un projet subi ou plaqué, mais partagé. Ténacité, volonté et fermeté ont joué un grand rôle. "

Pourquoi Lens ? La décision en a surpris (ou agacé) plus d'un ...

" Justement, parce que cela ne correspondait pas à ce qu'on pouvait imaginer d'une implantation du Louvre en région ! Louvre, Lens, cela crée une déflagration signifiante et motivante ! D'un côté un palais patrimonial, des collections qui accompagnent l'histoire de France depuis le Moyen-Âge. De l'autre, une ville qui subit les séquelles de l'industrialisation et les effets de la crise mais veut se battre, se renouveler. Un vrai choc culturel ! Mais attention : il ne s'agit pas d'un chantier compassionnel, d'une sorte de gratification ou de lot de consolation. Le passé a été douloureux mais c'est l'avenir qui est en jeu. Le Louvre Lens correspond à une ambition. Le choix de Lens nous oblige à être novateurs ! "

Quelle leçon tirez-vous de vos contacts avec la région Nord-Pas-de-Calais ?

" J'ai visité les sites, rencontré les gens... Ce qui m'a frappé, c'est cette volonté, cet appétit, cette générosité. Il y a une chaleur immédiate, une bienveillance qui ne s'est jamais démentie malgré les atermoiements et les aléas. C'est remarquable et revigorant. On est heureux d'être attendu, on tient à être à la hauteur de l'espérance ! "

A quelles conditions ce sera réussi ?

" Il faut que la greffe soit parfaite, que les habitants considèrent que le Louvre Lens c'est avec eux et pour eux ! L'ambition n'est pas seulement locale. Il s'agit aussi d'inscrire le projet dans le réseau régional très riche de musées qui ont l'habitude de travailler ensemble. Et puis, il y a la dimension européenne... Par ailleurs, je souligne qu'il faut toucher le public le plus large possible, grâce à des présentations novatrices et une action pédagogique soutenue... Si le Louvre est une chance pour Lens, Lens est une chance pour le Louvre : une occasion de rayonnement mais aussi de renouveau. Il s'agit bien de vivre ensemble, de se nourrir l'un l'autre, de développer l'interactivité. D'ailleurs, sur le plan de l'architecture, il s'agit bien d'un Louvre contemporain autour de pavillons centraux avec des ailes, comme à Paris... "

Justement, ce qui vous séduit dans le projet architectural ?

" Son aspect résolumment contemporain, qui prend le contre-pied du palais parisien et qui intègre les éléments les plus récents de la modernité. Nous allons découvrir en France une architecture inédite, celle de l'équipe japonaise Sanaa, qui apporte une note nouvelle, inspirée et savante. Non seulement le projet s'inspire du palais pour le projeter dans le futur, mais il s'intègre de façon très subtile et délicate dans le site. "

Comment présenter le contenu du bâtiment en quelques phrases ?

" C'est le Louvre dans toutes ses dimensions, avec bien sûr l'amplitude géographique et chronologique d'un musée à vocation universelle, mais aussi des possibilités de présentation transversale. A Paris, nous subissons les contraintes glorieuses d'un palais. On pourra réunir à Lens des éléments qui aujourd'hui sont séparés pour des raisons d'organisation, de répartition en départements et de classements par écoles, techniques, périodes, etc. Cela entraînera un nouveau regard sur les collections. Lens aura la possibilité de rabouter les collections, de dresser des parallèles. C'est comme si une nouvelle aile du Louvre était construite, où tout serait beaucoup plus facile... L'axe central c'est la galerie du temps : 250 chefs-d'oeuvre de tous domaines, allant de la plus haute antiquité jusque vers 1850. Cette galerie régulièrement renouvelée est complétée par des expositions temporaires à vocation internationale... Grâce à l'espace dit la Scène, il y aura possibilité de conférences, spectacles, concerts... Des voix diverses autour des collections. "

Malgré les aléas, êtes-vous toujours aussi confiant et résolu ?

" La détermination est très forte de notre côté. Car l'avenir du Louvre passe par Lens. Le premier appel d'offres fut infructueux, mais la confiance est intacte. L'ardeur régionale n'a jamais faibli dans le Nord-Pas-de-Calais qu'il s'agisse du président du conseil régional, des maires de Lens et de Liévin, des élus de toutes tendances... Et le chantier, que le président de la République Nicolas Sarkozy suit de très près, va démarrer. Frédéric Mitterrand posera la première pierre le 4 décembre. "

Le projet n'acquiert-il pas une dimension particulière en temps de crise, crise économique mais aussi crise des valeurs ?

" Si, bien sûr. C'est un musée dans la cité. Un lieu de plaisir et de délectation, mais aussi d'éducation. Il ne faut pas se pencher sur le passé par pure nostalgie, mais pour comprendre le monde d'aujourd'hui. J'aime bien la formule de Péguy quand il dit qu'au Louvre on éprouve deux sentiments forts : la promotion de l'être et la perception du long et visible cheminement de l'humanité. La Galerie du Temps à Lens, c'est ça : nous venons de là, nous sommes dans cette filiation, nous questionnons notre devenir. "

Source : Supplément du journal La Voix du Nord du Jeudi 3 Décembre 2009


Rencontre avec Henri Loyrette

Aujourd'ui, le journal La Voix du Nord est vendu avec un supplément spécial "Louvre-Lens".

Rencontre avec Henri Loyrette, le patron du Louvre

Le projet

C'est un homme haut perché. Un spécialiste du XIXème siècle devenu prophète du XXIème. Un historien d'art qui ne perd pas son temps et prend son époque de vitesse. Un grand Chtimi d'adoption, au profil de pyramide.
Né en 1952, Henri Loyrette était conservateur du patrimoine dès l'âge de 23 ans et plus jeune membre de l'Académie des Beaux-Arts à 45. Professionnel avisé et audacieux, il a dirigé le musée d'Orsay avant d'être nommé président directeur du musée du louvre. Quand il a pris le relais de Pierre Rosenberg en 2001, celui-ci a lâché, fort du Grand Louvre et de sa fameuse pyramide, que le plus dur était fait. Mais il parlait à un conservateur visionnaire peu enclin à se reposer sur des lauriers, fussent-ils grecs !
A Paris, sous l'impulsion d'Henri Loyrette, le prestigieux palais trouve un nouveau souffle : développement des arts de l'Islam, aménagement du jardin des Tuileries, présence de l'art contemporain. Et il est entré dans une autre dimension, celle du rayonnement et du renouveau. Cette aventure passe par Atlanta, Abou Dhabi, mais surtout... par Lens !