La Maison folie présente " La robe, objet plastique ", une exposition originale qui regroupe artistes confirmés et jeunes créateurs sur un même sujet, dans toutes les matières et tous les formats. C'est aussi un hommage au textile.
Organisées en réseau, les Maisons folies de la métropole rendent souvent hommage au textile. Si à Lille celle de Wazemmes s'est par exemple déjà penchée sur la broderie, à Tourcoing, l'hospice d'Havré se met en robe pour cette première exposition de 2010 baptisée : " La robe, objet plastique." Derrière cet intitulé, se cachent en fait " des " robes.
" Ce ne sont pas des robes mais des sculptures "
Des robes de jeunes créateurs des Maisons de mode de Lille et Roubaix ou d'étudiants d'ESMOD; des robes d'artistes, comme celles d'Olga Boldryeff, une française d'origine russe qui avait déjà exposé à l'Hospice en 2004 ; ou encore des robes d'Aghata Ruiz de la Prada, prêtées par le musée roubaisien de la Piscine, qui lui avait rendu un grand hommage en 2009. Dans cette exposition éclectique, le bel habit est donc l'occasion de belles rencontres. Un peu comme dans la vie.
Ainsi, dans la chapelle, l'une des robes " ventilées " de Cathy Péraux, une artiste belge qui travaille notamment le plastique, flotte aux côtés des créations d'Olga Boldryeff. Celle-ci présente une partie de ses " Traversées ". Ses créations monumentales suspendues évoquent sa traversée de la Sibérie. " Ce ne sont pas des robes mais des sculptures que j'ai passé deux ans à faire ", raconte l'artiste, qui a voulu parler à la fois de l'immensité des pays qu'elle a traversés, mais aussi de la solitude et de la solidarité de leurs habitants.
Olga Boldryeff n'est pas la seule à revenir à l'Hospice avec cette exposition. C'est aussi le cas de la Tourquennoise Aurore Janon, avec une création faite de récupérations; un assemblage de tissus qui est aussi une réunion de morceaux de vie que l'artiste nous conte dans un texte collé au fond d'un placard. Catherine Noury est aussi de retour à Tourcoing. Déjà venue à l'Hospice en tant que photographe, elle nous revient avec des robes miniatures, épinglées dans des boîtes comme des papillons. Elle en a réalisées certaines avec les pluches d'un de ses pulls ou les bouts d'un de ses manteaux. " Comme en photo, je travaille le détail ", explique-t-elle. Ces délicates compositions renvoient au travail des couturières et à un rapport au temps de la création, oublié dans l'industrie d'aujourd'hui.
Bref, jusqu'au 21 février, l'hospice d'Havré ouvre une garde-robe de rêve qui, au-delà de la mode, raconte tout simplement l'art du textile.
PRATIQUE
Hospice d'Havré
100 rue de Tournai à Tourcoing
Source : Nord Eclair du Vendredi 15 Janvier 2010 (édition de Tourcoing et Vallée de la Lys)