mercredi 25 novembre 2009

Arthur Stoclet, l'ingénieur aux larges vues

Des " hommes, dynamiques et brillants, qui prirent part à la conceptualisation de ce boulevard ", selon l'expression d'Alain Demangeon et Ann Caroll Werquin dans Le boulevard et la ville, Arthur-Ghislain Stoclet est paradoxalement l'un des plus importants mais l'un des plus oubliés. C'est pourtant lui qui a imposé une artère rectiligne d'une largeur inédite à l'époque.

Arthur-Ghislain Stoclet est un homme du Nord. Il naît le 15 décembre 1856 à Sassegnies, un village situé à quelques kilomètres d'Avesnes-sur-Helpe... Adolescent, il est inscrit au collège d'Avesnes puis, sans doute en raison d'un déménagement familial, fréquente celui de Charleville.

Dans les années 1870, il entre au lycée de Lille. Elève brillant, il obtient le prix d'honneur au concours général en mathématiques. Bachelier, il intègre, à l'âge de 19 ans, l'Ecole polytechnique le 1er novembre 1875 et deux ans plus tard celle des Ponts et Chaussées.

Une approche moderne

Ses premiers postes le font voyager partout en France, dans les Ardennes en 1878, dans le Morbihan en 1879 puis à Forcalquier, dans les Basses-Alpes, en 1880. En 1882, Arthur-Ghislain Stoclet revient dans le Nord : il est affecté aux Voies navigables à Dunkerque puis à Lille l'année suivante. En 1883, parallèlement à l'exercice de son métier, il enseigne à l'Institut industriel du Nord de la France, à Lille : il donne des cours de mécanique appliquée, de chemins de fer et de constructions industrielles et assure même la direction des études pendant 12 ans, de 1886 à 1898.
En 1897, il est nommé agent-voyer, mis à la disposition du préfet du Nord pour l'entretien des routes. C'est probablement de ces années-là que date sa rencontre avec Alfred Mongy, son homologue à la mairie de Lille. Ingénieur en chef du Nord, il finalise le projet du Grand Boulevard, dirige les travaux jusqu'à l'inauguration et assure le suivi du programme jusqu'en 1919. Sans conteste, il en est un acteur majeur aux côtés d'élus tels que les conseillers généraux Antoine Guillain, directeur honoraire des routes et député du Nord, ou Eugène Motte député et maire de Roubaix de 1902 à 1912.

Arthur Stoclet vient à bout des réticences de ceux qui s'étonnent de l'ampleur de ce projet. S'il ne sous-estime pas les fortes incidences budgétaires ou encore la mise à niveau de nombreuses routes du département, il a en revanche une approche tout à fait moderne de l'évolution de la ville en anticipant l'extension, le développement de la circulation, le besoin de liaisons directes et rapides. L'homme, qu'un supérieur hiérarchique avait jugé " d'un caractère souple mais un peu léger " comme le rappellent Alain Demangeon et Ann Caroll Werquin, est alors au sommet de la gloire. Il représente la France au troisième Congrès international de la route qui se tient à Londres en 1912. A l'heure de la retraite en 1922, comblé d'honneurs, l'inspecteur général des Ponts et Chaussées Arthur Stoclet demeure l'homme qui a osé ouvrir un boulevard de 50 mètres, le plus large jamais aménagé à cette époque.

Source : LilleMétropoleInfo Spécial Centenaire du Grand Boulevard - Novembre 2009



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